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Développement de la filière pomme de terre : 25 tonnes de semences remises aux producteurs des Niayes

Classé dans : > >Infos-Developpement Rural — 8 décembre, 2010 @ 11:24

A l’instar de la filière oignon, le Sénégal veut avoir les meilleurs résultats pour ce qui est de la pomme de terre. Le ministre du Commerce, Amadou Niang, qui procédait à la remise de 25 tonnes de semences de cette variété, a exprimé cette volonté.

(Correspondance) – Le ministre du commerce, Amadou Niang a procédé hier, dans la communauté rurale de Darou Khoudoss (département de Tivaouane), à la remise de 25 tonnes de semences de pomme de terre à l’union des groupements paysans des Niayes. Lesquelles semences sont destinées à six groupements de producteurs. Il s’agit, en effet, des variétés Kondor pour un poids d’une tonne et demie et de la variété Arnova pour tout le reste. L’introduction de ces dites semences entre dans le cadre d’un projet dit ‘Projet d’appui au développement de la filière pomme de terre en Afrique de l’ouest’. Un projet qui est à cheval sur les deux pays du Sénégal et de la Guinée Conakry. Avec une dimension d’intégration économique. L’objectif étant, selon le ministre du Commerce, de relancer la production de cette spéculation horticole qu’est la pomme de terre. Aussi parlera-t-il d’un projet de reprise de la production de pomme terre au Sénégal comme ce fut le cas pour l’oignon il y a quelques années.
Amadou Niang s’est félicité des résultats obtenus dans la redynamisation de la filière oignon. De 40 000 tonnes, la production d’oignons est passée, en trois ans, à 177 000 tonnes cette année. Et, d’un chiffre d’affaires de 3 milliards 50 millions de francs Cfa il y a trois ou quatre ans, on est passé à 22 milliards au niveau de la production. Un chiffre auquel il faut ajouter les recettes réalisées par les commerçants grossistes et détaillants pour avoir des recettes qui tournent autour de 30 milliards de francs Cfa pour la filière oignon.

Aussi le ministre de faire savoir qu’il s’agit, avec ce projet de reprise de la production de pomme de terre, de simplement dupliquer l’exemple de la filière oignon. ‘Cette année, à partir de la communauté rurale de Darou Khoudoss, avec le projet de remise en marché de la pomme de terre, nous allons reprendre avec vigueur tout ce qui, il y a de cela dix ou douze ans, nous avait échappé pour des raisons conjoncturelles, climatiques ou phytosanitaires’.A ce titre, il dira que la question de la teigne qui attaquait la tubercule est aujourd’hui réglée et que sur ce plan, les producteurs peuvent être tranquille. ‘Nous avons tout maîtrisé et, s’il plait à Dieu, cette année nous produirons 1 500 tonnes de pommes de terre. L’année prochaine, nous ne comptons pas faire moins de 15 000 tonnes et en 2012 nous escomptons faire 30 000 tonnes’. Et le ministre de poursuivre que ce n’est qu’à partir de ce moment qu’ils vont commencer à remettre en scelle le même mécanisme qui a été mis pour la filière oignon et qui consiste à la protection du producteur sénégalais au moment où il entre dans le marché, de sorte qu’il puisse vendre sa production sans se soucier de la concurrence souvent déloyale des produits venant de l’extérieur. Car, dit-il, le volume actuel d’importation de pommes de terre est de 60 000 tonnes par an. Par conséquent, pour pouvoir fermer les frontières pour une durée de six mois, il faut arriver à une production annuelle de 30 000 tonnes qui éviterait toute éventualité de rupture de stock qui serait préjudiciable au consommateur sénégalais.

La rencontre de Darou Khoudoss sera aussi l’occasion pour le ministre du Commerce d’annoncer la décision prise récemment par le chef de l’Etat dans le cadre de la protection et de la conservation des produits agricoles. C’est ainsi qu’il dira avoir reçu comme instruction de prendre des dispositions réglementaires non seulement pour la protection dont les producteurs ont besoin pour entrer en marché dans les conditions normales de sérénité mais aussi de mettre à disposition toutes les infrastructures existantes dans leurs localités et en toute responsabilité. Ainsi dira-il, le décret en date du 30 juin 2010 permet aux producteurs de prendre des décisions d’affectation et d’utilisation des magasins existants sans avoir besoin de s’en référer à qui que ce soit. ‘Je pense que cette décision est révolutionnaire en ce sens qu’elle permet aux producteurs, en cas d’abondance, de pouvoir disposer en saisonnalité des magasins comme ceux de l’ex-Oncad’, dira Amadou Niang. En plus de l’existant, ce dernier fera savoir que pour cette année cinq magasins d’une capacité de 500 tonnes chacun, dont deux dans la communauté rurale de Darou Khoudoss, vont être construits en plus des 25 magasins de 50 tonnes qui ont été construits l’année dernière.

Un ensemble de mesures dont se réjouira le président de l’union des groupements de producteurs, Pathé Dia. Pour ce dernier ces mesures ainsi que la subvention de 50 % qui leur est accordée dans le prix des semences est la preuve de la volonté des autorités étatiques de relancer la filière pomme de terre. Une filière qui, depuis des années, bute sur de sérieuses difficultés aussi bien dans le domaine de la production que dans ceux de la sécurisation et de l’écoulement des produits.

Sidy DIENG

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